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    Iris-Space – Faire de votre œil une œuvre d’art

    Flora Rosset 8 décembre 2018
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    Rencontre avec Aline et Eléa, jeunes femmes prometteuses à l’origine du projet Iris-Space. Grace à la macrophotographie, elles proposent de dévoiler au grand public les paysages cosmiques qui tapissent nos iris.

    Comment est né ce projet ?

    On a fait une exposition à Arles cet été, aux Rencontres de la Photographie, autour de la science-fiction (projet photo, peinture, musique). En parallèle, on proposait aussi de transformer les iris en planète. C’est là qu’est né Iris-Space. Le but : révéler, grâce à la macrophotographie, le paysage cosmique qui tapisse notre œil. On souhaite montrer l’infinie variété des iris et tout ce qu’on ne peut pas voir directement à l’œil nu.

    D’où vous vient cette fascination pour les yeux ?

    En tant que photographe et directrice artistique, l’image est au cœur de nos métiers. En plus, l’œil est l’organe qui nous sert le plus dans nos professions. Aussi, c’est ce qui nous sert à apprécier la beauté qui nous entoure.

    Quand on regarde vraiment l’iris, on a l’impression d’avoir un paysage cosmique. La forme ronde et son contenu nous font penser à des nébuleuses ou à des planètes. Tous les iris ont des formes différentes. Dans les yeux bleus, on a souvent des petits filaments, alors que dans les yeux marrons on repère des cratères.

    Iris-Space est un projet qui allie technique et sensibilité. Pourquoi avoir choisi de mélanger art et science ?

    C’est important pour nous. La science consiste à rendre visible l’invisible. C’est grâce à elle que l’on peut découvrir le graphisme de chaque iris. La science n’est pas un art en soi mais, selon nous, ce qui en résulte possède un fort pouvoir artistique et onirique. Paradoxalement, on arrive à rêver tout en restant dans la science, quelque chose de très concret !

    Cependant, on est peut-être un peu moins fasciné par la science exacte que par la science-fiction. En effet, la beauté, ce qu’on trouve au-delà de nos frontières et toutes choses propices au rêve nous attirent davantage.

    Qu’est-ce qui définit l’aspect artistique de vos photographies ?

    Notre sensibilité intervient dans les retouches. Ainsi, on peut prendre le parti d’éclairer l’iris, de nettoyer l’image, d’ajouter du contraste et de la netteté. Le résultat n’est pas une photographie scientifique pure, ni une représentation fidèle, mais une représentation de l’iris mêlée à notre sensibilité artistique.

    Notre patte artistique se traduit également par l’anagramme. On intervertit les lettres des prénoms des personnes que l’on a photographiées pour créer un nom unique, cosmique et un peu fantastique, comme si on découvrait une nouvelle planète dans l’œil. On prend donc l’iris comme une entité à part entière, tout en gardant le lien avec la personne à qui elle appartient, ce qui définit son identité.

    Quelles sont vos sources d’inspiration ?

    La fascination pour la relation art et science. Ensuite, il y a Francis Giacobbetti, un artiste qui a réalisé des photographies d’iris et qui les a mêlés aux portraits de personnes connues, des gens dont le regard était très important.

    Nous, on veut vraiment ouvrir notre projet au plus grand nombre, on voudrait que chacun puisse avoir un tirage artistique de son iris. On joue d’ailleurs sur le double aspect artistique et ludique. Les gens qui vont faire la démarche de venir et de participer au projet peuvent avoir leur propre œuvre d’art. Et, en somme, chacun est sa propre œuvre d’art.

    Qu’envisagez-vous par la suite ?

    Après l’engouement autour de notre exposition à Arles, on a voulu étendre ce projet au niveau national, pour nous faire connaître. On a eu l’opportunité de venir sur fotofever et de photographier plus de 650 iris en seulement 4 jours. On a vraiment eu toutes les tranches d’âge, toutes les professions. Ce succès démontre que le public porte un intérêt à ce projet.

    Par la suite, on fera des shootings pour les particuliers, on se déplacera dans des évènements (mariages, festivals, entreprises). Quand on aura grandi, pourquoi ne pas décliner nos photos en objets d’art, faire des expositions et faire appel à des artisans afin de créer des objets singuliers ?

    Flora Rosset

     

    Facebook : Irisspacephoto

    Instagram : Iris__space

     

    À découvrir sur Artistik Rezo : Paris capitale mondiale de la photographie, de Sarah Meneghello

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